Question de langue #05 – Les verbes transitifs et intransitifs

La bourde

Une fois n’est pas coutume, Juliette se rend à une formation professionnelle organisée par Pôle Emploi et traitant de la rhétorique. Elle espère ainsi convaincre plus habilement les employeurs de ses faramineux talents. Après s’être fait une place entre deux cas sociaux et une courge, le tour de table commence… Chacun explique alors pourquoi il ou elle a choisi de se trouver ici ; Juliette n’étant pas une teubé, elle a répété une phrase – et notamment un verbe – qui devrait avoir son petit effet.

« Et vous, mademoiselle Céterra, pourquoi souhaitez-vous suivre notre formation ?
– Déjà on dit ‘madame’, sale gredin.
– Si ceci constitue le rêve de tout fonctionnaire, je suis au regret de vous dire que la vie n’est pas encore un formulaire administratif…
– Basta. Disons que je suis ici pour pallier à mes problèmes de tchatche. »

Hélas non.

Juliette (reconstitution) réalisant qu’elle aurait dû rester sur le palier et plutôt suivre une formation en taxidermie.

La règle, ses sous-règles et des exemples idoines

Force est de constater que le verbe « pallier » revient souvent lorsque l’on cause transitivité… car oui, c’est bien de cela dont il est question, de verbes transitifs et intransitifs. Voici comment différencier ces deux catégories :

Un verbe transitif sert à exprimer l’action du sujet
qui s’effectue directement sur une personne ou une chose (contracter).

Un verbe intransitif sert à exprimer une action ;
l’ensemble est cohérent et explicite, il se suffit à lui-même (pleuvoir).

Voilà pour la grande différence, sachant que la distinction transitif/intransitif se fait uniquement au regard de la présence ou de l’absence des compléments d’objet. Mais la langue française ne serait pas la langue française sans quelques sous-catégories, n’est-ce pas ?

  • Verbe transitif direct : verbe accompagné d’un complément d’objet direct ;
    « Ma colocatrice dérobe mes cookies. »
  • Verbe transitif indirect : verbe accompagné d’un complément d’objet indirect souvent introduit par une préposition (à, de, pour, en, vers, par…) ;
    « Elle abuse de ma générosité. »
  • Verbe ditransitif : verbe accompagné de deux compléments d’objet ;
    « Du coup, j’ai donné une claque à ma colocatrice. »
  • Verbe intransitif : verbe sans complément d’objet ;
    « Elle s’énerve, je saigne. »
  • Verbe labile : verbe pouvant être transitif ou intransitif selon le sens et le contexte ;
    « Mon nouveau colocataire Axel monte un meuble et ma chienne. » / « Le ton monte. »
  • Verbe attributif : verbe introduisant un attribut du sujet (verbe être et verbes d’état).
    « Tout est arrangé, Axel a l’air normal en fin de compte. »

Savoir tout ça, c’est bien joli, encore faut-il se rappeler les bons usages de chaque verbe (et pas seulement « pallier »)… vous devriez pouvoir vous en sortir avec ces liens recensant les verbes transitifs directsindirects et intransitifs. Gardez-les sous le coude : cela pourra toujours servir lorsque le doute ou une partie de Scrabble surviendra.

En espérant avoir fait la lumière sur toute cette affaire, je vous dis :
à plus tard… au plus tôt !

Rémi L.

[Nota Bene] voici une liste assez complète des verbes d’état, si jamais vous en avez marre d’utiliser l’auxiliaire être : apparaître, avoir l’air, demeurer (lorsqu’il exprime une continuité), devenir, être (auquel on peut ajouter : être appelé, être choisi pour, être considéré comme, etc.), paraître, passer pour, rester (lorsqu’il exprime une continuité), s’appeler, s’avérer, se faire, sembler, se montrer, se trouver, tomber (malade, amoureux, etc.), venir

Source : Aidenet

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