Séjour parisien

Et à la brise au vent doré, l’homme se tait. Il écoute. Il écoute les époques passées qui toutes aujourd’hui se sont tues, apaisées.

L’écriture importe peu. Ce n’est qu’un moyen. Une façon d’être attentif, et de célébrer des choses émouvantes. La grâce des détails, poussières de moments qui nous feront prendre la plume pour toucher l’instant, une seconde fois.

Tout semble m’échapper. Je passe ma vie à regretter, à rendre hommage ou à désirer ce qui ne m’est pas accessible. Je pensais que l’ambition… la gangrène qu’est l’arrogance, étaient la cause de ces échecs. J’avais tort. Je suis faible. Oh, d’une façon plus subtile qu’une banale incapacité… Je manque de passion. Ma pulsion de vie semble bien loin, tandis que le chaos et la lassitude me gagnent.

Et à la brise au vent doré…

Je me remets à écrire face à une femme assoupie, dont j’ignore les sentiments.

Je doute qu’elle me le dise un jour.

C’est dommage.

 (deux jours plus tard)

Quelques jours ont passé. Ou bien un seul, je ne sais plus. Je reprends ma plume, à la même position. Elle semble dormir, se retourne à la recherche de réponses. Elle m’a laissé l’embrasser. J’étais heureux. Mais elle n’a pas choisi. Elle ne sait pas. Ses lèvres n’étaient-elles qu’un instant de faiblesse, ou bien une vérité sous l’armure. Ces questions me dévorent. Cela faisait bien longtemps que le choix d’une autre ne m’avait autant tourmenté.

Ses questions, ses doutes, ses non-dits sont contagieux. Ils pullulent, m’obscurcissent, me donnent envie de partir. Je ne sais plus pourquoi je me bats, ce à quoi j’aspire, et encore moins ce qui me sera accordé.

Et pourtant, à chaque regard sur son visage, ses beaux cheveux noirs, à chaque attention qu’elle m’accorde… Je me relève, l’espace d’un instant ; et tout semble clair.

Elle me semble supérieure. En tout point. Nous ne regardons pas les mêmes choses. Nos regards se fuient, comme si nous sachions tous deux la vérité. L’absurde semble être mon Amour et ma Terreur.

La Tristesse n’a rien à voir avec le Triomphe.

Je me suis trompé.

Le silence est établi. Tous les désarrois ont terminé leur plainte. Chacun imagine désormais comment le briser… Un bruit modeste, pied-de-nez à une harmonie totale, ou bien alors une rage ? Oui, ce serait bien, une rage. Mais le chaos n’est pas absolu, lui, n’ayant pas de limites. S’il est vertigineux, le silence quant à lui est terrifiant. Tout y est à sa place, chaque son est rangé et la destruction, le regret de la plénitude… Tout ceci sera attribué à une chose, une personne, et une seule. Heureusement que le silence est rare et que nos sensibilités s’émoussent au fur et à mesure que passent nos rêves. Peut-on supporter, peut-on être conscients de la fin d’un monde ?

 Peut-on pleinement accepter l’idée d’en être responsable ?

 L’action, et la modification, me font peur.

 

Teckhell

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