Question de langue #08 – Les formes en « ant »

Le breffage

Le participe tire son nom du fait qu’il participe à la fois du verbe et de l’adjectif. C’est un mode impersonnel qui comporte trois temps : deux temps simples (le participe présent et passé) et un temps composé (le participe composé ou gérondif passé). Pour cette question de langue, nous allons laisser de côté le participe passé et inclure dans notre réflexion l’adjectif verbal et la proposition participiale.

  • Le participe présent est une forme de la conjugaison du verbe à un mode impersonnel. On le reconnaît au fait qu’il exprime une action et qu’il se comporte comme un verbe (= il peut recevoir des compléments et des compléments d’objet). Il peut être complété par un adverbe ; dans ce cas, l’adverbe suit le participe présent.
    >> Nous vécûmes dans la cave l’année suivant sa libération conditionnelle.
    >> Elle me demandait d’acheter des tupperwares correspondant précisément à une certaine taille.
  • L’adjectif verbal est un adjectif formé sur le participe présent d’un verbe. Il exprime une qualité et peut avoir pour complément un adverbe qui le précède.
    >> Lorsqu’elle m’a demandé de mettre l’organe dans la boîte correspondante, j’ai tiqué.
    >> L’année suivante, elle était écrouée à la suite d’un long procès.
    >> À sa libération, elle apparut plus terrifiante que jamais.
  • Pour former le participe composé, on utilise l’auxiliaire avoir ou être au participe présent + participe passé.Il permet d’exprimer l’antériorité de l’action par rapport au verbe principal et/ou de souligner le fait que l’action est accomplie.
    >> Ayant préparé ma fuite de longue date, je crus pouvoir lui échapper.
    >> Elle avala un de mes reins au petit matin ; elle choisit de se recoucher, étant rassasiée.
  • La proposition subordonnée participiale contient un verbe au participe passé ou présent et son thème (eh non, on ne peut parler ici de sujet) qu’il ne partage avec aucun autre verbe.
    >> Les inspecteurs ne retrouvant mes restes que quatre mois après, je n’étais pas beau à voir. (participe présent)
    >> Le dossier réouvert, tous les soupçons se portèrent étrangement sur ma mère. (participé passé)

L’hésitation

Qu’il est difficile d’écrire lorsque le chagrin nous submerge et que l’on se contrefiche du contenu ! C’est pourtant ce qui vous arrive, tandis que vous rédigez un faire-part de décès à destination de votre vétérinaire… Vous n’avez jamais vraiment compris pourquoi il s’était autant attaché aux tiques de feu votre labrador, allant jusqu’à les baptiser et refuser de vous donner les produits qui auraient sauvé Doggystyle.

« Monsieur ,

Tic et Tact ne sont plus, ayant quitté/quittés la planète Vie mardi matin. Choc terrible après un combat fatiguant/fatigant qui aura duré plusieurs mois, nous faisons tous notre deuil.

Je vous renverrai par colis la génisse que vous m’aviez prêtée pour combler leurs insatiables besoins. »

Lassé(e) par l’hésitation, une petite voix vous parvient soudain, au creux de l’oreille…
Tout est clair désormais !

Vous ne pourrez pas toujours compter sur les super-héros pour dissiper vos doutes.

La règle, ses sous-règles et des exemples idoines

Les erreurs qui peuvent survenir concernant les formes en -ant pourraient aisément être évitées avec une bonne identification :

  • Le participe présent est invariable.
  • L’adjectif verbal s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte.
  • Le participe composé est invariable.
  • La proposition subordonnée participiale accorde son participe passé mais pas son participe présent (puisqu’il est invariable).
Contrairement au participe présent, l’adjectif verbal peut toujours être remplacé par un autre adjectif.

« La semaine suivante, j’invoquais des démons. »
>> suivante est bien adjectif verbal car on peut dire « la semaine précédente, j’invoquais des démons. »
« Nous vécûmes dans la cave l’année suivant sa libération conditionnelle. »
>> suivant n’est pas adjectif verbal car on ne dira pas « Nous vécûmes dans la cave l’année prochaine sa libération conditionnelle. »

Certains adjectifs verbaux se distinguent du participe présent par l’orthographe.

Leurs ambitions différant des nôtres, nous avons rédigé deux projets (participe présent invariable). 

Ils nous ont exposé leurs ambitions différentes des nôtres (adjectif qui s’accorde).

Voici un petit inventaire vertical pour mieux vous figurer la chose :

Participe présent en -ant / adjectif verbal en -ent
adhérant / adhérent
affluant / affluent
coïncidant / coïncident
compétant /compétent
confluant / confluent
convergeant / convergent
déférant / déférent
détergeant / détergent
différant / différent
divergeant / divergent
émergeant / émergent
équivalant / équivalent
excellant / excellent
expédiant / expédient
influant / influent
négligeant / négligent
précédant / précédent
somnolant / somnolent
violant / violent

Participe présent en -guant / adjectif verbal en -gant
déléguant / délégant
extravaguant / extravagant
intriguant / intrigant
fatiguant / fatigant
naviguant / navigant
zigzaguant / zigzagant

Participe présent en -quant / adjectif verbal en -cant
communiquant / communicant
convainquant / convaincant
provoquant / provocant
suffoquant / suffocant
vaquant / vacant

Pour finir sur une dernière rime en -ant, convoquons Aznavour et son « instant présent » :

♫ L’instant présent est impalpable
Il est léger insaisissable
Suspendu dans l’air et le temps
Il ne dispose simplement
Que d’un très court moment sur terre
L’instant présent a des œillères
L’instant présent est si fragile
Qu’il ne peut rester immobile
Sans une plainte sans un cri
A peine arriver qu’il s’enfuit
Avant que d’entrer dans l’histoire
L’instant présent n’a pas de gloire ♫

En espérant avoir fait la lumière sur toute cette affaire, je vous dis :
à plus tard… au plus tôt !

Rémi L.

Sources : Reverso, Conjugaison.com

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