Question de langue #02 – Nom collectif, nom de fraction et adverbe de quantité

Le breffage

  • Nom collectif : nom constituant une collection (un groupe, une foule, une multitude, une dizaine, etc.) ;
  • Nom de fraction : terme(s) renvoyant à une fraction (la moitié, le tiers, le quart, une fraction de, une partie de) ;
  • Adverbe de quantité/intensité : terme invariable servant à préciser/modifier le sens d’un verbe, d’un adjectif, d’un autre adverbe ou de toute une proposition (assez, aussi, autant, beaucoup, combien, comment, davantage, encore, environ, fort, guère, mais, moins, pas mal, peu, plus, presque, quasi, quelque, si, tant, tellement, tout, tout à fait, très, trop…)

L’hésitation

Au détour d’un courriel ou d’un fil de commentaires, vous souhaitez prouver votre sens des structures complexes de la langue française. Las ! Être spirituel n’est pas une mince affaire… Coup sur coup, vous hésitez sur des phrases telles que :

  • « Une foultitude de sentiments me traverse/traversent à l’instant. »,
  • « La plupart de tes interventions est/sont fallacieuse/fallacieuses. »,
  • « Trop de conneries tue/tuent la connerie, ferme ta bouche. ».

De guerre lasse, vous pouvez certes vous reposer sur le hasard mais je ne suis pas vraiment d’accord (ohoho) avec cette mesure démissionnaire.

Hélène Ségara, comme toutes les personnes nées le 26 février 1971 à Six-Fours-les-Plages, a misé son entière carrière sur le 50/50

La règle, ses sous-règles et des exemples idoines

[Nom collectif] : Lorsqu’il est suivi du nom qui représente les éléments de cette collection (un groupe de vaches, une multitude de steaks, etc.), le verbe s’accorde, selon le sens, tantôt avec le nom collectif (singulier), tantôt avec son complément (pluriel).

Une multitude de bovins avançait en file indienne.

  • c’est la multitude qui avance

Le groupe de bovins avançaient vers l’abattoir.

  • ce sont les bovins qui avancent

Vous l’aurez compris, il est difficile d’établir une norme bien définie, puisque l’usage est variable et que l’accord peut servir à appuyer un terme ou un autre… Bref, en se concentrant un minimum, on observe quand même quelques règles qui peuvent vous donner bonne conscience au moment de la rédaction.

Avec « force » (sans de), « la plupart de », « nombre de », « bon nombre de », « grand nombre de », « quantité de »

=> l’accord se fait avec le nom qui suit (J’ai reçu force courriels ce matin, nombre d’entre eux étaient rédigés par de jolies jeunes femmes.)

Avec les noms numéraux du type « douzaine », « centaine », « cinquantaine », etc.

=> l’accord se fait avec le nom qui suit (Une douzaine de célibataires se trouveraient près de chez moi.).

Avec « une infinité »

=> l’accord est plus fréquent avec le nom qui suit car l’idée de nombre prédomine (Du coup, je suppose qu’une infinité d’idylles s’offrent à moi).

Avec « la plupart »

=> le verbe est toujours au pluriel – accord avec le complément, présent ou sous-entendu. (Heureux hasard, la plupart prennent la carte bleue.).

[Nom de fraction] : Les noms de fractions obéissent au même usage : accord avec le premier mot ou avec le second, selon que l’esprit s’attache à l’un ou à l’autre.

La moitié de mes économies y sont passées.

La moitié de mes économies y est passée.

[Adverbe de quantité] : Lorsqu’un adverbe de quantité accompagné de son complément est sujet de la proposition, le verbe s’accorde avec le complément. Si celui-ci est absent, il est censé être au pluriel.

Tant de femmes qui me désiraient, c’était louche.

Combien de MST ai-je contracté ?

Combien sont…

Pourquoi donc ? Eh bien, l’adverbe se comporte ici comme un déterminant ; comme le nom reste le noyau du groupe, c’est avec lui que se fait l’accord. Mais lorsque c’est l’adverbe de quantité qui exprime, en fait, l’idée dominante, il arrive que l’accord se fasse avec celui-ci.

Encore plus de déconvenues serait indécent.

Précisons que l’accord est habituel lorsque l’adverbe est nominalisé (mot du jour bonjour) par la présence d’un déterminant.

La quasi totalité de mon estime de soi n’est désormais plus qu’un petit tas de cendres.

Pour finir, un point rigolo  : après « plus d’un » le verbe se met habituellement au singulier. Après « moins de deux » le verbe se met au pluriel.

Plus d’un lecteur cherchera le ressort humoristique de l’anecdote.

Moins de deux personnes le trouveront..

En espérant avoir fait la lumière sur toute cette affaire, je vous dis :
à plus tard… au plus tôt !

Rémi L.

Nota Bene : « force » est un adjectif indéfini, non un nom collectif. Je l’ai rattaché sciemment à la problématique, cela peut toujours vous servir pour briller en société.

Sources : Aidenet, Aidenet encore, Cordial

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