Mes arrières

De vous à moi, je me suis tu.
Qui sait quand cela m’a pris ?
Toujours est-il que je n’étais plus.
Me réfugiant sur mon île,
J’ai laissé ce corps sans nouvelles,
Avec pour seul rappel
Le reflet de l’amer.

Fallait-il donc que je sois si fatigué
De la vie, de la suite
Pour abandonner mes arrières ?

C’est à se demander quels maux
Quels coups de griffe,
Ont côtoyé ma croisière.

La dérive dure depuis tant et tant de temps
Qu’aveugle aux firmaments
J’ai baissé les yeux et les bras,
Désormais résolu à être las.

Mais l’on ne peut empêcher l’Autre,
Qui éclabousse.
Dans sa présence il se vautre,
Et nous pousse.

Ma pauvre quiétude,
Je m’inquiète.
Je me nourris d’habitudes
Et de miettes.

Le festin environnant
Ne répond qu’à une règle
Celle du donnant-donnant.

C’est le chemin retour
Que désormais j’arpente
Éconduit accompagné,
Donnant de la voix et de la voile
À la mélodie de l’existence,
J’ai pourtant une vague idée
De ce que cela pourrait donner.

Airelle

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