Les demi-droites

« La poésie de la terre ne meurt jamais. »

  • John Keats

Les dunes s’essoufflent tandis que passe le sirocco. La sable part en fumée, il déserte, se laisse mourir quelque part. Ici, tout est jaune, beige chaud ; il y a juste ça, oui juste ça. Ça et le ciel, l’eau du monde.

Quand les petits grains s’envolent, tout bouge,
Opium bleu et encre rouge…

Tout se brouille, ça chancelle. Quelquefois, je suis obligé de mourir un peu pour continuer. Pertes et tracas, tandis que naissent les tempêtes. Quand j’y repense, j’aurais aimé que tu sois là. Une silhouette qui suivrait mes poussières, sans un bruit, sans un son, tandis que se diffuse la tragédie. Oh, ne crois pas que je renonce… Tous les jours, je combats, même si je me perds un peu. Il y a des fois où le corps s’emballe, et alors je me rappelle comme la nuit dénude ton épaule…

Je pense parfois à la vieille montagne. J’avais l’œil ocre et l’âme rouge, et les tempêtes naissaient. Elles brisaient les pics alentours, la vallée et ses pourtours… une terre abîmée, grondante, ma terre. Les couleurs s’écoulaient paisiblement, portées par la pluie. A la fin, tout pouvait naître, tout pouvait vivre… On aurait cru voir les feuilles d’automne : elle volent, encore et encore, comme si elles ne voulaient pas se poser. Dans leurs mouvements désordonnés je vois des rimes, je vois des ondes ; je vois l’abîme, je vois le monde.

Teckhell

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