L’époque des temples vides

« Une poule devant une omelette contemple l’ensemble de son oeuvre.

  • José Artur

Bien que dans ma vie, j’ai pris pour habitude de marcher seul, je continue d’aimer. Il s’agit la plupart du temps d’un amour brouillon, passionnel. Mais il est toujours sincère.

Quelques traits d’esquisse font rarement un dessin. Pourtant, c’est le début d’une idée. La sensation d’une caresse qui lentement, modèle avec douceur de petits bonheurs simples. La création, c’est comme un visage qui s’éclaircit.

Je suis à un âge où l’on ne sait plus vraiment si l’on doit parler de fille, ou bien de femme. Heureusement, la plupart de mes pensées se contentent de sensations fugaces, je laisse les mots à des contemplations plus moroses.

Souvent, quand j’étais plus jeune, je partais du principe que c’était à la fille de faire le premier pas, et de me mériter. C’était une façon comme une autre de dissimuler sa timidité. La morale est sauve, ça ne m’a pas vraiment servi.

Disons qu’aujourd’hui, je crois me connaître un peu mieux. Ça n’a visiblement pas augmenté mon sex-appeal, mais c’est toujours ça de pris. Je vis de belles contemplations. C’est plus simple. Ça atténue la solitude. Mais ne rien attendre des autres est une entreprise absurde, où l’on se déçoit continuellement. On finit toujours par regarder le ciel.

J’ai cru à des futurs, quelquefois avec des amies proches. C’est une souffrance singulière, où l’on ne perd ni ne gagne rien, si ce n’est la sauvegarde d’un lien. Débâcle d’une bataille qui n’aura jamais lieu, où le doute côtoie l’évidence. Et puis on se surprend à persévérer, à essayer de “marquer des points”. Jusqu’à ce que le chaos se décante, et que la réalité revienne se pelotonner autour de nous.

Quelquefois, les regards se croisent enfin, et brillent d’un éclat sans équivoque.

D’autres fois, eh bien… vous voyez leurs regards se croiser. Et beau joueur, vous leur donnez votre bénédiction, empreinte d’une triste tendresse. Ce genre de péripéties m’arrive un peu trop fréquemment à mon goût. Le dernier réveillon, par exemple. Pourtant, c’est quelque chose à laquelle je ne renoncerais pour rien au monde. Il y a bien peu de merveilles dans la vie qui font encore se serrer mon cœur.

J’ai rencontré tout au long de mon parcours bien des avis sur l’amour, l’affection, le sexe. Théories, témoignages, règles d’or… De cette richesse réjouissante, je ne garde qu’un sourire en coin. La plus belle des courbes.

Les époques se succèdent dans nos vies. Chacune se croit éternelle. Elle s’élève, se pare d’expériences, comme une belle robe d’été.

(soupir)

Tout se fane si vite. On voudrait ne jamais quitter le pré. Ce pré où quelquefois, une brise vient taquiner l’herbe, et remuerait presque la terre.

 

Teckhell

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