Hommages et intérêts

« Fumée, rêverie du feu. »

  • Jules Renard

Je me demandais : mais comment présenter tout ça ? un dialogue, c’est bien un dialogue. On échange, on confronte, on construit. On s’en sort. Cela en tête, je me suis mis à écrire. Pourtant, quelques répliques plus tard, je retins mon geste. Silence, carences. Sans elle, je n’étais que moi.

Reprenons. Vie rêvée, vie vécue, vie cuvée. Hello there, miscellanée.

(sourire)

Cela fait bientôt deux semaines, voire peut-être trois que je me penche et m’épanche sur tout un tas de brouillons. Des idées, des obsessions, des destins d’une minute ou deux, écrits tapés pensés dévisagés.

Toutes ces hésitations à propos de la forme, de la belle allure que devraient revêtir mes sentiments, ne sont au fond que poudre aux yeux. Peu importent les brandons que les lettres mordorées tisonnent, si le geste est attentif ou rageur… seule la vieille chaleur taraude mon cœur.

Tout ça pour parler de quoi ? d’elle, d’émois ? pas si simple, et pas forcément.

L’ennui quand on n’a pas aimé depuis longtemps (grand et bel amour, bonjour), c’est que l’on ne sait plus à quoi il ressemble. Petit à petit, on finit par le confondre avec l’attachement et la simple affection. On se méprend, on se méprise. Naviguant à vue, on enchaîne les galères, espérant en secret que quelqu’un s’arrêtera, quelqu’un qui comprendra et nous emmènera loin, bien loin, si loin, que tout s’arrête enfin.

Mais, à nouveau, nous voilà repartis droit dans les songeries. Oh, il ne faut pas les négliger : de certaines émergent merveilles et citadelles mais (sourire) quelquefois “que votre volonté soit faîte“, cela ne suffit pas.

Et voilà, je m’égare encore. Le maître d’ouvrages qui rechigne à se livrer, voilà qui est cocasse !

Peut-être tout simplement que je ne sais pas où je me trouve actuellement, dans ce calendrier de l’Avant. Est-ce vraiment terminé ? ne me reste-t-il qu’à doucement remettre mon chapeau de paille et franchir le seuil ? ou bien faire volte-face, à nouveau, pour mieux défendre cette vie inanimée, cette chérie ?…

Estampe, belle estampe, c’est toi que je choisis. 

Je n’ai pas de problèmes du côté de mes sentiments. Pas de tortures, pas de hontes. Oh, bien sûr, il y a des contradictions, mais elles font sens. Je les accepte comme ils viennent, les vis et m’y attache quelquefois trop, comme une fleur que l’on aurait finalement choisi de cueillir. De là, tout n’est plus que sensations, désirs impérieux et faim. C’est ce qui est arrivé cet été : une série de foudres.

Whatever happened, happened.

Féroce je suis resté, alors que se réécrivaient de-ci de-là quelques instants volés. Le soleil brûlait ma nuque. Au fil des lignes, je sentais se ranimer une sincérité, une passion d’un autre temps. J’avais l’œil brillant et fou. Mais c’était là le moment d’une seule personne, le prodige d’un seul cœur.

Lorsqu’enfin j’ai relevé la tête, qu’enfin j’ai compris ce que je ressentais deux mois après, elle n’était plus là. Partie. Pof. Nos chemins avaient eu le temps de se séparer, et la réalité était redevenue d’actualité.

Elle est belle, ailleurs.

Aux non-événements, nul triomphe, nul péril et nulle gloire. Pourquoi alors suis-je si fatigué ? Tout lui avouer ne fait même plus sens.

Grisé j’étais, et désormais reprends-je des couleurs. Satané, suranné espoir, iriseras-tu mon ciel, une dernière fois ? La route est longue jusqu’à la fin de l’histoire. J’aurais bien aimé que tout ceci commence en chanson. J’aurais bien aimé que tout ceci commence.

♫ Elle m’a dit …
Elle m’a dit d’aller siffler là-haut sur la colline
De l’attendre avec un petit bouquet d’églantines
J’ai cueilli des fleurs et j’ai sifflé tant que j’ai pu
J’ai attendu, attendu, elle n’est jamais venue ♫

Teckhell

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