Archives de catégorie : Grammaire

Question de langue #17 – Majuscules et titres de fonction

L’hésitation

Excédé(e) par votre dernière transaction sur LeBonCoin.fr, vous envoyez un courriel à la personne avec qui vous avez fait affaire.

Bonjour madame / Madame Flagadoskowitz,

Je vous écris à propos du chinchilla que vous m’avez vendu en échange d’une pelle. S’il creuse efficacement, il ne semble pas le faire de manière continue – ce que vous m’aviez pourtant assuré ! – et compromet à terme mon projet de crypte. Si vous ne m’indiquez pas au plus vite une technique pour le mettre au travail, j’en déduirais que vous êtes un escroc et en référerais au ministre / Ministre de l’économie, monsieur / Monsieur Momo Nez.

Pas si cordialement,

Vous avez cependant peur que votre orthographe soit prise au compte par les avocats de la partie adverse en cas de procès. En attendant de calmer cette angoisse, vous lancez un Twister avec votre nouveau rongeur.

Pourtant, chacun sait que les chinchillas sont de bien meilleurs concepteurs-rédacteurs.

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Question de langue #16 – « Merci pour » et « merci de »

La bourde

Quelques semaines après leur dernier entretien, Pôle Emploi recontacte Juliette. Son conseiller lui a trouvé un job alimentaire idéal : table de ping-pong. Elle utilise son droit de réponse :

« Cher conseiller,

Votre réponse tardive est à la hauteur de mes espérances, merci pour m’avoir trouvé un tel job. J’aurais cependant une question : dois-je investir moi-même dans le filet ou sera-t-il délivré par la société ?

Bien cordialement, espèce de va-nu-pieds !

Juliette Cétéra »

Hélas non.

Juliette (reconstitution), réalisant qu’elle va arrêter de remercier quand elle se fait carotter.

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Question de langue #13 – « Si je serais toi »

La bourde

Lundi matin d’une semaine quelconque, Juliette s’agace. Face à des céréales fadasses, elle savoure la fin de ses allocations chômage. Croisant son colocataire venant enfin d’obtenir un RSA, elle l’avertit :

« […] Si je serais toi, je profiterais de tout cet argent pour me payer un billet et devenir escort-boy aux Caïmans. C’est la crise. »

Hélas non.

Juliette (reconstitution), blasée de la vie et des structures grammaticales et à la recherche d’un nouvel apprenti.

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Question de langue #11 – le participe passé « fait »

Avant-propos : cette Question de Langue partage plusieurs éléments avec l’expression « se rendre compte » traitée dans une QL précédente. Mes articles ont pour vocation de dépanner sur des besoins spécifiques, aussi traite-je parfois séparément des cas similaires.

L’hésitation

C’est la fête ! Votre colocatrice revient de chez le tatoueur, toute fière. Carreleuse, l’intégralité de son corps ressemble désormais à un jeu de dames. Elle vous annonce, pour rajouter à l’évidence :

« Je me suis fait/faite tatouer ! »

Vous ne savez pas exactement ce que vous avez entendu et, pis encore, ignorez quelle est la bonne réponse. Cela attendra, votre colocatrice vient de sortir la vaisselle et de se défroquer pour commencer une partie. 

Soutenir ses proches, c’est important.

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Question de langue #09 – tout, tous, toute, toutes, touts

La bourde

Suite à un conseil appuyé de Pôle Emploi, Juliette écrit une lettre de recommandation pour devenir bulldozer. C’était sans compter son colocataire, tout aussi chômeur, qui lui aussi prise le poste… Insidieusement, il fait résonner dans tout l’appartement une vile mixtape, à base de morceaux censés la désarçonner voire carrément la faire basculer dans la folie. Il lance également son fidèle toutou pour qu’il aille faire ses besoins à ses pieds. Envers et contre tout, concentrée, Juliette tient bon et met sur papier toute la motivation qu’elle peut trouver à devenir un engin de chantier.

« […] Ce boulot, c’est quand même une toute autre existence… il paraît qu’il faut porter des chenilles ? Ca tombe bien, j’adore les insectes. […] Ma qualité principale est que je suis tout-puissante. […] Merci de considérer ma candidature, vous pouvez me recontacter à tout heure. Par contre, j’attends une réponse pronto, du fait que je reçois des propositions de tout côté. »

Hélas non.

Juliette (reconstitution), sur le point d’avoir une discussion professionnelle et musicale avec son colocataire.

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Question de langue #08 – Les formes en « ant »

Le breffage

Le participe tire son nom du fait qu’il participe à la fois du verbe et de l’adjectif. C’est un mode impersonnel qui comporte trois temps : deux temps simples (le participe présent et passé) et un temps composé (le participe composé ou gérondif passé). Pour cette question de langue, nous allons laisser de côté le participe passé et inclure dans notre réflexion l’adjectif verbal et la proposition participiale.

  • Le participe présent est une forme de la conjugaison du verbe à un mode impersonnel. On le reconnaît au fait qu’il exprime une action et qu’il se comporte comme un verbe (= il peut recevoir des compléments et des compléments d’objet). Il peut être complété par un adverbe ; dans ce cas, l’adverbe suit le participe présent.
    >> Nous vécûmes dans la cave l’année suivant sa libération conditionnelle.
    >> Elle me demandait d’acheter des tupperwares correspondant précisément à une certaine taille.
  • L’adjectif verbal est un adjectif formé sur le participe présent d’un verbe. Il exprime une qualité et peut avoir pour complément un adverbe qui le précède.
    >> Lorsqu’elle m’a demandé de mettre l’organe dans la boîte correspondante, j’ai tiqué.
    >> L’année suivante, elle était écrouée à la suite d’un long procès.
    >> À sa libération, elle apparut plus terrifiante que jamais.
  • Pour former le participe composé, on utilise l’auxiliaire avoir ou être au participe présent + participe passé.Il permet d’exprimer l’antériorité de l’action par rapport au verbe principal et/ou de souligner le fait que l’action est accomplie.
    >> Ayant préparé ma fuite de longue date, je crus pouvoir lui échapper.
    >> Elle avala un de mes reins au petit matin ; elle choisit de se recoucher, étant rassasiée.
  • La proposition subordonnée participiale contient un verbe au participe passé ou présent et son thème (eh non, on ne peut parler ici de sujet) qu’il ne partage avec aucun autre verbe.
    >> Les inspecteurs ne retrouvant mes restes que quatre mois après, je n’étais pas beau à voir. (participe présent)
    >> Le dossier réouvert, tous les soupçons se portèrent étrangement sur ma mère. (participé passé)

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