Archives de catégorie : Astuces rédactionnelles

Rédaction professionnelle #12 – Les abréviations

Une abréviation consiste à retrancher certaines lettres d’un mot pour sauver du temps et/ou de l’espace. Il existe différentes façons d’abréger un mot ou une locution :

  • Par initiale : seule la première lettre du mot est conservée, on la fait suivre d’un point abréviatif. [M. (monsieur), p. (page), s. (siècle)].
  • Par suppression des lettres finales : Ce type d’abréviation coupe mot, généralement devant la voyelle de l’avant-dernière consonne. Il faut faire suivre la dernière lettre par le point abréviatif. [ex. (exemple), tél. (téléphone), app. (appartement)].
  • Par contraction : l’abréviation par contraction supprime la plupart des lettres d’un mot pour garder l’initiale et la lettre finale. Parfois, pour des raisons de clarté, quelques lettres médianes sont conservées ; comme la lettre finale est conservée, le point abréviatif n’est pas requis.

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Question de langue #31 – Accorder « plein »

L’hésitation

Qu’il est difficile de trouver un colocataire satisfaisant ! Bien que vous pensiez que ses talents culinaires soit un atout, vous avez rapidement déchanté…  Pour justifier l’homicide auprès de la propriétaire, vous écrivez  :

« Il y avait des sandwichs plein / pleins la maison »

Tandis que vous cherchez la solution, un panini se détache du plafond et atterrit sur votre feuille d’impôts.

Pourtant, il y avait des indices.

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Expression Express #03 – « parler français », « parler le français », « parler en français »

Quelquefois, un mot change complètement une expression… Démonstration !

  • « parler en français » concerne une réalisation précise. Le président a parlé en français (il a parlé à un instant t, en français, et n’est pas forcément francophone).
  • « parler français » concerne une réalité.Le professeur parle français (il est francophone).
  • « parler le français » signifie être capable d’utiliser cette langue. Mon correspondant anglais parle le français (il parle aussi bien le français que l’anglais).

Nuance mon amour… ce n’est pas pour rien que notre belle langue est celle de la diplomatie !

En espérant avoir fait la lumière sur toute cette affaire, je vous dis :
à plus tard… au plus tôt !

Rémi L.

Source : ma grand-mère Paulette

Rédaction professionnelle #11 – La féminisation (3/3) – La féminisation des titres de fonction

La féminisation du discours vise à donner une place tangible aux femmes dans l’espace public. Cette féminisation peut se faire de trois manières :

  • L’écriture des deux formes, masculine et féminine, tout au long du texte ;
  • L’emploi de termes génériques et de tournures neutres ;
  • La formation d’un féminin selon les règles de formation du français.

Dans cet article, nous allons développer la troisième manière, à savoir la féminisation des titres de fonction.

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Question de langue #30 – Le point-virgule dans la langue française

Aujourd’hui, pour la trentième question de langue, on va parler de mon chouchou toute ponctuation confondue, j’ai nommé : le point-virgule !

Le breffage du fabuleux point-virgule

Le point-virgule, qui correspond à une pause de durée moyenne, se place en principe entre des propositions indépendantes mais reliées par une même action et faisant partie d’une même idée (parfois contradictoire). Règle typographique locale oblige, une espace avant et une espace après.

  • Il tombe et se débat ; le nain de jardin se jette sur lui ; la machette pénètre et met un terme aux hostilités.
  • Il est beau, gracieux, diplômé ; il pointera à Pôle-Emploi.

Ceci dit, l’emploi du point-virgule se rapproche souvent de celui d’une simple virgule…

  • Ce n’était pas un flamby ; pourtant je me sentais seul.

Tout est affaire de sensibilité, et ce point est mal-aimé voire menacé ces derniers temps… Certains académiciens expriment d’ailleurs joliment leur opinion à ce sujet.

Voilà pour les fonctions principales du point-virgule. Mais il est polyvalent et a un incroyable qualités, donc passons en revue ces autres potentialités.

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Rédaction professionnelle #10 – La féminisation (2/3) – les termes génériques et tournures neutres

La féminisation du discours vise à donner une place tangible aux femmes dans l’espace public. Cette féminisation peut se faire de trois manières :

  • L’écriture des deux formes, masculine et féminine, tout au long du texte ;
  • L’emploi de termes génériques et de tournures neutres ;
  • La formation d’un féminin selon les règles de formation du français.

Dans cet article, nous allons développer la deuxième manière, à savoir le recours aux termes génériques et aux tournures neutres.

Si le rédacteur ne souhaite pas utiliser les formes des deux genres, il peut avoir recours à un autre procédé, que certains ont appelé « neutralisation du discours ». Ce procédé consiste en l’emploi de termes génériques et de tournures neutres. Il permet d’éviter les répétitions et peut être utilisé en alternance avec l’écriture des deux formes.

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Question de langue #29 – « leur » et « leurs »

L’hésitation

Comme souvent pour gonfler les fins de mois, vous êtes dialoguiste pour les westerns se déroulant non loin de chez vous. Après une série de répliques phénoménales, voici venue la réplique qui tue  :

« Offre-leur / leurs du jus d’cactus Charles MacPrud’homme. »

Plus que satisfait de votre travail, vous envoyez votre travail sans le relire, laissant cette odieuse dichotomie vous faire perdre votre travail d’intermittent.

Peu importe, il reste tant d’animes coréens à sous-titrer.

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Expression Express #02 – « à l’envie » et « à l’envi »

L’expression « à l’envi » (sans e final) a le sens de « à qui mieux mieux » et n’a rien à voir avec l’envie ou la jalousie. Notons qu’on peut la retirer sans nuire à la cohérence de la phrase.

  • Pour nous séduire, les publicitaires recourent à l’envià la sexualisation des animaux.
  • À la cour, il était de règle pour tous de flatter à l’envi le vénéré roi.
  • Jamais je n’ai pu résister à l’envie de séquestrer mes deux petites sœurs.

Pour accompagner ce (rapide) constat, je vous laisse avec une citation (espiègle) de Bruno Dewaele, champion du monde d’orthographe :

« L’étymologie souligne – à l’envi ? – ce qui sépare ces deux homonymes, trop souvent confondus. Alors que notre populaire « envie » descend du verbe latin invidere, (« regarder d’un œil malveillant », d’où l’idée de jalousie susdite), le littéraire « envi » est né, lui, d’invitare (« provoquer au jeu »). C’est cette idée de défi qui est à l’origine de l’émulation, de la rivalité constructive que connote la locution. Mieux vaut d’ailleurs, pour cette raison, la réserver à un sujet au pluriel, au contraire de ce que, par provocation, je fis un peu plus haut… »

En espérant avoir fait la lumière sur toute cette affaire, je vous dis :
à plus tard… au plus tôt !

Rémi L.

Source : FondEtForme

Rédaction professionnelle #09 – La féminisation (1/3) – l’écriture des formes masculine et féminine

La féminisation du discours vise à donner une place tangible aux femmes dans l’espace public. Cette féminisation peut se faire de trois manières :

  • L’écriture des deux formes, masculine et féminine, tout au long du texte ;
  • L’emploi de termes génériques et de tournures neutres ;
  • La formation d’un féminin selon les règles de formation du français.

Dans cet article, nous allons définir en détails ce qu’est la féminisation textuelle ainsi que développer la première manière, à savoir l’écriture des deux formes, masculine et féminine, tout au long du texte.

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Question de langue #28 – Présent ou subjonctif présent ?

Le breffage

Il est généralement facile de distinguer l’indicatif présent du subjonctif présent, car beaucoup de verbes présentent des formes différentes.

  • Je finis mon testament (ind). / Il faut que je finisse mon testament(subj).

Cependant, les verbes du premier groupe, ainsi que des verbes comme offrir, ouvrircueillir et sept verbes en -aillir, ont des formes identiques aux personnes du singulier et à la troisième personne du pluriel, tant au niveau de la prononciation que de l’orthographe.

  • Demain, je chante sobre. (ind) / Demain, il faut que je chante sobre. (subj)

Enfin, treize verbes – ainsi que leurs dérivés – ont des formes homophones (= ils se prononcent de la même façon) mais des orthographes différentes. Ce sont notamment : conclure, courir, croire, fuir, mourir, offrir, ouvrir, rire, traire, voir…

  • Je cours lorsque c’est moi le gibier. (ind) / Il faut que je coure lorsque c’est moi le gibier. (subj)

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